jeudi 30 octobre 2008

Chronique hospitalière

À 36 ans, bientôt 37, il fallait bien qu’un jour, je passe sous le bistouri… Depuis mon jeune âge, j’ai toujours été chanceux côté santé. À part quelques plonges à vélo, une mononucléose au cégep - ou était-ce une « écoeurite » de l’école – je n’ai jamais eu à passer une nuit à l’hôpital… jusqu’à mardi dernier.

Après une nuit de douleur abdominale pas mal intense, je me suis présenté à l’urgence de l’hôpital Le Gardeur lundi autour de 11h15. La douleur s’est dissipée durant mon attente, tellement que j’ai dit à ma blonde vers 19h00 : « on décr…..!! » Elle m’a heureusement convaincu de rester : « heille le grand, je ne suis pas resté ici à attendre presque 7h pour rien, on reste ! » Vers 19h45 le doc me diagnostiquait une appendicite classique.

Mardi 9h30, je vois mon appendice bien « comme faut » de ses 12mm sur l’écran de la machine durant l’échographie, la radiologiste me confirme qu’à 6mm, on opère.

À 10h30, un autre doc me prescrit l’opération. À 13h30, je suis déménagé de la clinique externe vers l’urgence « by the back door » pour mon pré-op. Durant ces quelques heures, l’infirmière de la clinique externe a dû laisser 3-4 messages à la personne cadre en charge de la gestion des lits de l’unité de chirurgie, pas de réponse, elle était en réunion. Il semble que c’est là que le système de santé bloque, au niveau de cadres qui sont très souvent en réunion...

À 15h00 je suis « parqué » dans le corridor en attendant, soluté dans le bras mon opération en soirée. Le sympathique chirurgien Dr. Légaré vient me jaser 10 minutes et on déconne en le temps de le dire.

Vers 20h00 on me monte au bloc opératoire, je suis sur la table entre 21h et 22h et à presque 23h00 je me réveillais avec 3 petits trous dans le bas du ventre, mais l’appendice en moins.

Dans la nuit suivant mon opération le sommeil est léger car on vient vérifier mes signes vitaux aux heures environ, mais la douleur est légère heureusement. Les sacs d’antibiotiques vident goûte à goûte leur contenu dans mes veines. Tout se passe bien.

Mercredi matin mon compagnon de chambre me raconte son histoire, une pneumonie si sévère et soudaine, qu’il a dû être mis en coma artificiel pour plusieurs jours. Depuis le 11 septembre, mon compagnon de chambre se bat contre le même mal qui a emporté le fils de Depardieu il y a quelques semaines. Mais à 61 ans, mon petit monsieur est entrain de gagner sa bataille lui… Quelle histoire ! De 150 lbs environ à l’état normal, il passe à plus de 200 lbs dans le « peak » de son infection, pour descendre à moins de 100 lbs à la sortie de son coma. Il commence cette semaine à manger du solide, imaginez, fin octobre !!! Son attitude positive lui a sûrement sauvé la vie, ce fut un plaisir de jaser avec lui.

Je dis « ce fut » car hier soir, il est monté au 4e étage, remplacé par une dame qui demandait une chambre privée à son arrivée… Vous imaginez la suite. Deux attitudes, lui positif, elle chialeuse, quel contraste. Mettons qu’on jase pas mal moins elle et moi, en fait c’est de glace. Aujourd’hui le doc vient lui rendre une visite : « alors madame chose, vous allez mieux, quand est-ce que vous pensez retourner à la maison, moi je vais me fier à vos impressions, à comment vous vous sentez pour vous donner votre congé… »
- « j’ai demandé une chambre privée moi docteur »
- « Euh, ce n’est pas ça ma question… »
- « Vous savez l’infirmier qui m’a piqué dans le bras, ben ça fait mal, il l’a pas bien fait »
- « ok…. (long silence)…. on va planifier votre congé pour lundi prochain dans ce cas là, bonne journée… »

J’étais crampé !!!

Il est 16h00, jeudi, j’attends mon congé peut-être ce soir, on verra.

En rétrospective, le système de santé, une fois que tu es dedans, en tout cas ici à Le Gardeur, y marche pas pire ! Les gens sont super fins, infirmières, préposées, tout le monde travaille super fort, le sourire aux lèvres. Les docs que j’ai vu, super cools, tous entre 30 et 40 ans environ, compétents et efficaces. L’hôpital est tout neuf, « spik & span », comme première expérience, je suis chanceux ça s’est super bien passé…

Un gros merci à tous pour votre aide, vos visites et vos encouragements, vous savez qui vous êtes !!!

De retour au boulot d’ici 10-15 jours.

2 commentaires:

Rogerio Barbosa a dit...

C'est dans des moments comme ceux-la qu'on réalise la chance qu'on a d'être en santé.

Repose-toi mon cher, reviens en force comme tu sais si bien le faire.

Patch a dit...

Prompt rétablissement!

C’est un truc que j’ai remarqué avec le système de santé, quand j’ai eu à faire des aller-retours fréquents à Sainte-Justine pour ma femme : le problème du système de santé, c’est le Système lui-même, pas ceux qui ont à travailler avec. J’ai côtoyé du personnel très attentionné et gentil, malgré tout ce qu’on peut lire sur eux (surcharge de travail, dépressions, etc....). Cela dit, je me rappellerai d’un lundi matin où je me pointe dans un hosto pratiquement désert, à cause d’un congé férié que personne d’autre n’avait, et que personne là-bas n’a pu m’expliquer correctement...